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Réformes retraites, entre inquiétudes et ignorance

Des reformes, d’autres reformes et encore des reformes. Voilà à quoi ressemble le sujet des retraites en France depuis plus de 20 ans.

Entre inquiétudes, imprévoyances et ignorances, il est grand temps pour le gouvernement d’impliquer les français dans leur épargne en démarrant un long travail de transparence. 

Malheureusement, tout le monde ne semble pas être réceptif à ces démarches tant elles sont nombreuses. Il semblerait de même que la population ait d’autres préoccupations pour leur avenir, surtout concernant l’aspect environnemental. 

A l’opposé de ce qu’on peut lire dans les journaux économiques, j’ai l’intime conviction que la majeure partie des français sont attachés à leur système de retraite non pas par satisfaction, mais surtout car ils ne se sentent pas impliqués dans la complexité de ce modèle aux multiples régimes. 

C’est pourquoi l’équipe de Sans cravate vient à votre secours pour essayer d’enlever l’épais brouillard qui surplombe notre futur.

Le contexte démographique et le vieillissement.

Même si j’espère que vous lirez cet article jusqu’au bout je vais vous faire une faveur et commencer par la fin. Le système par répartition arrive dangereusement dans ses retranchements et il est grand temps de prendre l’épargne retraite au sérieux.

Grâce à l’INSEE, on mesure absolument tout et n’importe quoi. Même si les statistiques ont leur part d’improbable, on dégage des informations que l’on mettrait difficilement en doute. La France vieillit. 

Même si le seuil des 60 ans n’a plus la même signification aujourd’hui, il semblerait qu’en 2040 le nombre de personnes au dessus de cet âge atteindra les 22,6 millions contre 16,6 millions actuellement. (source : INSEE)

Pour éviter de continuer à déblatérer et meubler des paragraphes de presentation de chiffres de cette même source je me permet d’en énumérer quelque uns ci dessous.

  • Aujourd’hui on compte environ 2 personnes actives pour une personne inactive de 60 ans ou plus. Chiffre qui devrait tomber à 1,5 dans l’horizon 2060
  • Toujours en 2060, les plus de 55 ans représenteront plus de 18% de la population active.
  • Nous avons affaire à un allongement de l’espérance de vie d’environ 2 mois par an. Soit un franchissement des 88 ans en 2040.
  • Les jeunes font des études de plus en plus longues.
  • Malgré l’automatisation et la robotique il reste toujours un nombre important de travaux pénibles que des personnes âgées ne pourrait assumer.

Finalement on serait peut-être moins inquiets si les statistiques ne s’étaient pas développés jusque là.

La multiplicité des reformes.

On comprend donc que le système par répartition qui consiste en redistribuer aux retraités au cours d’une année, les cotisations encaissées la même année auprès des actifs, a ses limites.

Depuis plus de 20 ans, le projet du gouvernement pour parer cette éventualité est de diminuer le montant des pensions retraites et augmenter les durées de cotisations. Ils ont surement du réfléchir longtemps pour arriver à cette conclusion (rires). 

De ce fait, depuis 2011 l’âge plancher ne fait que reculer, à raison de cinq mois par an, pour atteindre 62 ans en 2017. L’âge plancher représente l’âge auquel vous pouvez commencer à toucher des rentes issus de votre droit à la retraite. 

Il ne faut pas le confondre avec l’age de la retraite à taux plein qui correspond au moment auquel vous pouvez liquider votre retraite (récupérer la totalité des fonds) sans subir de décote. Ce dernier a suivit une évolution similaire à celle de l’âge plancher pour arriver à 67 ans en 2017.

Reprenons un peu les bases. Au long de votre vie active, par le biais de vos cotisations sociales, vous obtenez des droits de retraites. Comprenez que vos cotisations sont comptées par trimestres d’activité et que le calcul de votre retraite générale (il est existe des retraites complémentaires obligatoires) est basé sur les vingt-cinq meilleures années de votre carrière et est indexé (plus ou moins) sur les prix et non sur les salaires. 

Pourquoi plus ou moins ? Car il semblerait que se référer à l’inflation pour faire évoluer les pensions et ainsi augmenter le pouvoir d’achat des retraités ne soit plus à l’ordre du jour. (Source : Le Parisien

Bref, malgré ces reformes, le gouvernement a bien conscience que cela ne suffira pas à combler l’écart qui est en train de se creer. La durée de cotisation qui donne accès à une retraite à taux plein va donc inévitablement continuer de s’allonger. De même, le déroulement précis d’une carrière va de plus en plus rentrer en compte dans la détermination des pensions versées. 

L’aspect « solidaire » de notre système risque de perdre de sa splendeur. Les périodes de chômages par exemple, pèseront encore plus. Nous espérons en tout cas qu’il sera maintenu en ce qui concerne la maternité/paternité, les invalidités ou maladies.

Et les français, ils en pensent quoi ?

C’est un mouvement massif de mécontentement que le gouvernement affronte en ce moment. Deux français sur trois sont inquiets vis à vis de leur retraite, mais c’est seulement 44% d’entre eux qui estiment avoir entamer des démarches d’épargne complémentaire pour améliorer leur futur vie inactive. Il faut évidement être conscient que pour certains, même si ils s’en soucient, l’épargne est un exercice difficile.

Entre 2011 et 2020 l’âge moyen de départ à la retraite a augmenté de un an, et les français le sentent. Finalement, pour enfoncer le clou avec des chiffres, sachez que aujourd’hui, la part des revenus des retraités issus de leur épargne volontaire représente uniquement 2,3% de ce qu’ils perçoivent (Source : Le Revenu).

Le taux de remplacement.

Vous l’aurez compris, ce premier article sur les retraites permet de faire un « état des lieux » pour que vous preniez la mesure du problème et que vous commenciez à forger vos propres opinions. 

Il nous ai impossible de présenter l’ensemble des régimes existants et les détails des calculs des pensions, mais certains outils vont vous permettre d’y voir déjà un peu plus clair. Comme nous le conseillons toujours à nos clients, il est inutile de connaitre l’ensemble d’un sujet mais il est important de comprendre les notions qui vous concernent. 

La notion de base pour estimer et appréhender votre situation future est sans aucun doute celle du « taux de remplacement »

Il s’agit du rapport entre votre dernier salaire et la pension à laquelle vous pouvez prétendre. C’est un bon indicateur pour savoir si il va falloir mettre une « épargne solide » en place. Après déduction des cotisations sociales, une pension retraite représente généralement entre 60 et 65% de votre dernier revenu d’activité. Et il est certain que ce chiffre va chuter dans les années à venir.

En plus de ce régime de pension de base, il existe une multitude de retraites complémentaires obligatoires gérées principalement par l’ARRCO et l’AGIRC. Ces retraites complémentaires dépendent du poste que vous occupez ou du type d’activité que vous avez. Les salariés d’EDF, de la SNCF ou encore les fonctionnaires suivent un régime particulier.

Nous ne détaillerons pas ici mais sachez simplement que pour faire votre propre analyse de situation quelques outils peuvent être d’une grande utilité.

Les outils et indicateurs de simulation.

Tout d’abord, sachez que vous pouvez récupérer sur le site de la caisse nationale d’assurance vieillesse le relevé de votre situation. Ce document vous sera accessible à partir de 35 ans et sera renouvelé tout les cinq ans. Il récapitule votre carrière.

A partir de 55 ans et jusqu’à votre départ à la retraite, vous aurez aussi accès à une estimation indicative global de vos droits de pensions. Mais nous vous conseillons dès à présent, à l’aide de vos relevés de salaires, d’utiliser le simulateur M@rel disponible sur le site « info-retraites » pour avoir une idée de ce qui vous attend. Ce simulateur de confiance semble cependant être déconnecté temporairement, nous vous conseillons donc d’aller plutôt jeter un oeil sur le site « la retraite en clair » .

Si vous n’avez pas la totalité des relevés de votre carrière en votre possession pas de panique, faites une demande de récupération de ces dernier sur ce site.

Après cette simulation, votre futur sera plus clair à vos yeux, vous aurez alors conscience de la nécessité ou non de démarrer une épargne retraite volontaire. Dans tout les cas, nous vous le conseillons via l’épargne solide. Thème abordé lors de nos séminaires.

Etienne Monceau

À propos de l'auteur

Etienne

Co-fondateur de Sans Cravate et auteur de « Débuter en bourse », il a à coeur de transmettre sa passion pour l’économie, l’analyse des marchés financiers et la Bourse.

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