le goût du risque

Le goût du risque est-il de retour ?

Le goût du risque est-il bel et bien de retour ?

Le contexte économique actuel des taux bas va à l’encontre même de la nature des Français en terme d’épargne. Actuellement, les placements garantis en capital (assurance vie en euros, livrets, PEL, LDDS…) ne sont plus rémunérateurs. Les gestionnaires de ces fonds doivent investir dans des placements sûrs tels que des obligations d’Etat dont la rémunération est quasiment nulle. 

L’inflation, qui traine autour des 1,2%, a donc une longueur d’avance sur les épargnants. Il semble être temps de prendre des risques. Chez Sans cravate, nous sommes persuadés que si les placements sont accompagnés de lucidité, connaissances et expérience, des risques peuvent être pris sans pour autant aboutir sur un accident. 

Le goût du risque n'est pas dans notre nature.

Après avoir voyagé et observé le comportement des français (et donc le mien), c’est sans surprise que je fais la corrélation entre notre façon d’agir au quotidien et notre stratégie d’épargne. 

Ainsi j’ai remarqué que nous sommes souvent à la recherche de wifi gratuit, place de parking publique, un verre d’eau dans un bar, les produits les moins chers, de films en streaming, et d’alternatives moins chères de manière générale. Quitte à faire passer la qualité dans un second temps. À faire des kilomètres en plus pour trouver une place dans les rues. À acheter plus de produits moins chers au lieu de consommer mieux…

Il s’avère que l’on retrouve ce genre de comportement dans le style de gestion du portefeuille familial. Le risque n’est plus trop au goût du jour. Ajoutons à cela ceux qui ont subis les krach des années 2000 et 2008 et qui sont désormais, à juste titre, impossibles à convaincre. 

Il est vrai que le CAC40 n’a toujours pas retrouvé sa vigueur des années 1999-2000 (7000 points), tandis que les marchés américains ont déjà depuis plusieurs années franchis le pic des années folles internet. 

le goût du risque
CAC40 - Echelle : 30 ans, Période : Trimestrielle

On peut ajouter à l’appréhension du risque, la faible éducation financière dont bénéficient les français. De même, le temps qu’ils accordent dans leur quotidien pour s’intéresser à la gestion de leur patrimoine n’est pas suffisant. 

Pas de secret, nous sommes un pays élitiste, dans lequel le conformisme est à son maximum. Nous somme formés pour exceller dans un domaine, sans prendre le temps de lever la tête, apprendre et interagir avec le reste.

Les placements préférés des français.

Ceci explique cela, et justifie le fait que le placement préféré des français soit l’assurance vie en euros. En 2018, c’est 1400 milliards d’euros qui sont investis par les ménages dans ces fonds garantis en capital où le risque est nul. Cependant leur rémunération est elle aussi catastrophique. Certains fonds arrivent tout de même à battre l’inflation en inscrivant des 2,2% sur leurs tableaux de résultats. 

Derrière les assurances vie en euros (différentes des assurances vie en unités de compte), on retrouve les livrets, les PEL et les LDDs. Encore des placements sans risque avec des plafonds de versements dégressifs en fonction de la rentabilité de l’épargne.

La liquidité ou plutôt le temps de « blocage » de l’épargne est elle aussi un facteur important qui impact la rémunération de ces produits. Il conviendrait de faire un article spécifique sur ces derniers, mais le contexte actuel n’en fait pas notre priorité. 

Dans tout les cas, il est difficile de convaincre un Français, même avec des lois (loi PACTE, loi PINEL…), d’investir dans des placements à risque.

L’assurance vie en Euros prend la poussière.

Nous avions évoqués en détails le principe de ce type de fond dans un autre article, mais nous n’avions pas abordé le sujet de sa rentabilité. L’assurance vie en euros était un produit phare des années 70, lorsque les taux d’intérêts s’envolaient. Mais ce dernier n’a que très peu évolué depuis. 

Les solutions d’épargne se doivent, elles aussi, d’être innovantes. Elles doivent coller avec notre croissance et nos technologies. Or, les gestionnaires de ces fonds se voient répéter les mêmes routines de placement depuis plusieurs décennies. Il serait peut-être judicieux d’alléger les contraintes imposés aux équipes de gestion pour tenter d’offrir une meilleure rémunération à leurs clients sans pour autant prendre plus de risque.

Même si certaines banques ou compagnies d’assurance arrivent encore à franchir le seuil des 2% (net de frais de gestion), nous vous conseillons fortement de vous intéresser aux UC (unités de comptes).

On avance dans le brouillard.

Dans un contexte de taux directeurs négatifs et dans l’ensemble très faible, les banques commerciales ont de plus en plus de mal à se rémunérer. Certes, elles se financent moins chers auprès des banques centrales, mais elles vendent leur crédits à des taux dérisoires. 

Pour l’instant, elles arrivent encore à équilibrer la balance en augmentant le nombre de credit octroyés (environ 6% par an). Cependant, une fois que la capacité d’endettement des ménages sera atteinte, il faudra trouver une solution pour doucement serrer la vis.

Ce scénario est pour l’instant très flou. Il est vrai que actuellement il est plus facile de trouver un article de ce genre, qui expose les problématiques, plutôt qu’un réel rapport de recherche en économie proposant des solutions. 

Cependant, une des conséquences de ces crédits à taux faibles sera surement la taxation des compte courants. Aussi, dans un futur proche, un rendez vous chez votre conseiller bancaire vous sera peut-être facturé, et d’autres frais de garde feront leur apparition…

Raison de plus pour faire de la place aux crypto-monnaies…

Merci pour votre lecture, à vous de vous exprimer en commentaires.

A bientôt les Sans Cravate. 

Etienne Monceau

À propos de l'auteur

Etienne

Co-fondateur de Sans Cravate et auteur de « Débuter en bourse », il a à coeur de transmettre sa passion pour l’économie, l’analyse des marchés financiers et la Bourse.

3 réflexions sur “Le goût du risque est-il de retour ?”

  1. Bonjour l’équipe de sans cravate !
    Je souhaite vous poser une une question simple : faut-il acheter une action fdj ? Avant la cotation ou après la cotation ?

    Merci encore !

    Wilfried

  2. Ping : Introduction en Bourse de la FDJ - Notre avis ! - Sans Cravate

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