Combien peut-on gagner en Bourse ?

Qui ne s’est jamais demandé combien peut-on gagner en Bourse en investissant une partie de son épargne ? Vous pensez peut-être que cela est complètement subjectif et qu’il est impossible de savoir combien vous rapportera votre capital ? Ou bien vous vous doutez légitimement qu’il y a un « prix » à payer pour pouvoir prétendre à une certaine rentabilité ? Vous voulez aussi savoir si c’est possible d’investir son argent en France ou bien dans des entreprises responsables tout en réussissant à dégager quelque chose d’interessant ?

Finalement, en vous posant ces différentes questions vous abordez les problématiques essentielles des revenus boursiers. Et je sais qu’avec votre bon sens, vous avez au fond de vous déjà des idées de réponses à ces dernières. Mais il vous manque peut-être quelques outils.

Aujourd’hui nous allons présenter deux éléments vraiment indispensables à une bonne appréhension de vos placements. Il s’agit des indices intégrant les dividendes en les considérant réinvestis, on parle des indices GR pour gross return. Puis nous présenterons le Bêta, un outil mathématique qui à pour but de comparer la volatilité d’une valeur vis à vis de son indice de référence.

L’objectif est donc double. Savoir combien vous pouvez réellement gagner grâce à vos lignes de comptes en prenant en considération la valorisation de vos titres ainsi que les dividendes potentiels. Puis comprendre votre exposition au marché et le risque de perte encouru sur vos placements.

En plus, vous êtes chanceux, vous allez pouvoir vous amuser avec un petit fichier Excel qui vous est offert. Ce dernier vous permettra dans un dernier temps de voir en combien de mois vous pouvez prétendre à un certain patrimoine financier.

Le CAC40.

Dans cet article on s’intéressera naturellement au marché français à titre d’exemple. Vous connaissez tous le CAC40, l’indice phare des valeurs boursières de notre cher pays.

L’indice CAC 40 est calculé à partir des cours des quarante plus grosses entreprises françaises cotées sur le marché EURONEXT. Ces sociétés sont censées être représentatives des différents secteurs d’activités et reflètent donc la tendance globale de l’économie en France. Il est important de noter que la liste des valeurs prises en compte dans l’indice n’est pas fixe et peut être amenée à changer trimestriellement. Le groupe EDF, par exemple, s’est vu retiré de l’indice en 2015 malgré une capitalisation supérieure à 30 milliards d’euros. Plus récemment l’entreprise Teleperformance s’est vue intégrée l’Indice en juin 2020.

Le CAC40 a été initialisé à une valeur de 1 000 points au 31 décembre 1987. Donc, si vous observez que ce dernier vaut 5000 points en juillet 2020, cela signifie concrètement que sa valeur a été multiplié par 5 entre le 1er Janvier 1988 et le mois de juillet 2020. Vous comprenez donc que les actions des sociétés françaises se sont « en moyenne » valorisées de 500% sur le marché.

combien peut-on gagner en bourse ?

Malgré cette performance interessante, vous remarquerez rapidement en observant l’évolution de l’indice qu’en fonction de l’année à laquelle vous auriez potentiellement investi de l’argent cela n’aura pas forcement été très rentable et même plutôt risqué !

Intuitivement beaucoup de personnes pensent donc qu’un investisseur français qui s’est positionné sur le marché durant l’été 2000 n’a toujours pas compensé les pertes de la crise internet !

MAIS CELA EST UNE GROSSE ERREUR !

Une grossière erreur.

En effet, le CAC 40 dont je vous parle depuis le début de cet article ne tient pas compte des dividendes et du réinvestissement de ces derniers !

On rappelle que lorsque vous investissez en Bourse, vous êtes amenés à percevoir des dividendes. Encore faut-il que les entreprises dans lesquelles vous avez investi en versent ! Mais c’est le cas de l’ensemble des sociétés comprises dans l’indice du CAC40. Vous comprenez donc que les dividendes versés n’apparaissent pas dans le cours des actions en Bourse. En fait c’est même pire car lorsque la société détache son dividende pour payer ses actionnaires, le cours de l’action en question baisse mécaniquement du même montant que le dividende brut versé !

Donc plus une société verse des dividendes plus son cours va baisser et plus vous perdez d’argent ? Vous savez que ce n’est pas le cas puisque ces dividendes compensent en réalité cette baisse ! Et les investisseurs avertis le savent très bien. Il faut donc faire la distinction entre valorisation et rendement puisque les revenus boursiers peuvent être de deux natures : une vente d’actions à un prix plus cher que l’achat et les versements de dividendes.

Finalement, vous comprenez que le CAC 40 prend en compte uniquement le concept de valorisation et reflète seulement l’évolution du cours des 40 plus grosses sociétés françaises. Il ne correspond donc pas à la réalité d’un investissement boursier sur le marché. Et oui, malgré le fait qu’on nous parle uniquement du CAC40 à la TV il s’agirait en fait d’un outil biaisé, loin d’être représentatif d’un placement.

Le CAC40 GR.

C’est la que le CAC40 GR prend tout son sens. Ce dernier intègre dans son calcul les dividendes bruts et les considère réinvestis en totalité dans les sociétés du CAC40.

Et ce graphique vous donne un message bien different de celui de l’indice précédant. Vous comprenez alors à quel point la bourse est un investissement rentable.

Vous avez donc la un outil bien plus représentatif d’un investissement sur les marchés français, à condition que vous aussi vous ayez pour objectif de réinvestir vos revenus ! On le sait bien, les intérêts cumulés sont le graal de tout investisseur et ce dernier ce doit de réinvestir constamment ses rentes pour faire exploser son patrimoine. 

Il est interessant de se rémunérer avec son capital seulement une fois que vous avez atteint un patrimoine suffisant pour que vos revenus mensuels vous conviennent et soient représentatifs d’un vrai complément de salaire. Car si vous prenez la décision de « vous payer » avec vos revenus issus de votre capital, sachez que la performance de votre portefeuille va prendre un sacré coup et sera d’ailleurs plus proche de celle du CAC40 que celle du CAC40 GR.

Le risque de volatilité.

On avance sacrément bien dans l’article et bravo à vous pour votre intérêt ! Désormais il nous faut parler de la volatilité.

En effet, pour appréhender au mieux le couple risque/rentabilité d’un marché il est essentiel de s’intéresser à la performance de l’indice représentatif de ce dernier mais aussi du risque de volatilité. On avait déjà évoqué les différents types de risques dans un article précédent mais ici on veut pouvoir calculer et mesurer la volatilité.

Pour faire simple, la volatilité d’un actif représente sa capacité à s’éloigner de sa moyenne sur une période donnée. Donc plus la volatilité est élevée, plus le risque de perdre de l’argent en achetant cet actif est élevé. Cependant, la probabilité de gagner de l’argent est elle aussi plus forte.

La volatilité est calculée en utilisant la notion d’écart type. Si vous faites un tableau renseignant le cours d’ouverture journalier du CAC40 sur une période d’une semaine vous êtes capable de calculer la variation journalière du cours de l’indice sur cette même période. Une fois ces variations calculées il vous faut alors déterminer la variation moyenne du cours sur une semaine puis observer l’écart entre la variation journalière et cette moyenne. Cet écart est ensuite mis au carré puis moyenné sur la période pour obtenir la variance. L’ecart-type quant à lui est simplement la racine carré de cette variance.

Même si ce concept peut paraitre un peu complexe pour un néophyte des mathématiques vous aurez dans le fichier Excel un tableau pour calculer très rapidement l’écart type d’un indice sur une période voulue en renseignant simplement les cours d’ouvertures sur cette même période. Données que vous trouverez sur le site « Les Echos investir ».

Vous avez donc maintenant tous les outils nécessaires pour calculer la performance d’un marché et le risque associé à sa volatilité. Il peut donc être extrêmement interessant de mettre face à face ces deux éléments et créer un couple performance/risque pour chaque indice qui vous intéresse. Sur un graphique vous pourrez ensuite comparer ces couples pour différents indices et déterminer dans quel marché vous voulez investir !

Le Bêta.

Le Bêta est un outil intermédiaire à ceux que nous venons de présenter ci-dessus. Il permet de mesurer le risque d’un actif vis à vis de celui de son indice. En effet, vous venez d’appréhender la volatilité d’un indice mais ce dernier n’est pas le reflet exact de votre portefeuille. D’ailleurs, l’objectif est souvent de sur-performer l’indice de référence, même si sur le long terme cela s’avère assez difficile.

Le principe du Bêta est de comparer les mouvements effectués par le cours d’une action vis à vis de son marché de référence. On a donc grâce à cet outil une idée de la volatilité du titre par rapport aux autres entreprises comprises dans l’indice en question.

La manière de calcul du Bêta n’est pas si évidente à comprendre pour quelqu’un qui n’a pas étudier les maths après le BAC. Comprenez simplement que l’on étudie la corrélation entre la rentabilité de l’actif à celle du marché.

avec rp : rentabilité de l’actif et rm : rentabilité du marché

Prenons l’exemple d’une action Essilor.

Essilor est une entreprise présente sous l’indice du CAC40, admettons qu’elle possède un Bêta de 0,78. Cela signifie que si l’indice CAC 40 fluctue de 1%, l’action devrait théoriquement varier de 0,78%, elle est donc moins volatile que la moyenne du marché et les mouvements de son cours sont atténués par rapport à l’indice. Dans le cas d’une action qui présente un Bêta supérieur à 1 on se doute donc que son cours varie plus violemment que son marché de référence. Ce Bêta est consultable sur le site investing.com dans l’onglet « vue d’ensemble » une fois que vous avez renseigné l’entreprise qui vous intéresse en barre de recherche. Le Bêta se situe en bas à droite (voir image ci dessous)

Combien peut-on gagner en Bourse ?

On peut aussi rencontrer des Bêta négatifs ! Cela signifie que l’actif en question évolue en sens inverse de son marché ! Enfin, si le Bêta est égal à 0, on comprend intuitivement que l’actif et son marché ne sont pas du tout corrélés.

Combien pouvez vous gagner en Bourse ?

Maintenant il est temps de vous amuser un petit peu ! À l’aide des indices de référence des marchés qui vous intéressent, vous êtes en mesure de déterminer une performance mensuelle à laquelle vous pouvez prétendre.

Vous pouvez, dans le fichier Excel que Sans Cravate vous offre ici, inscrire dans la case dédiée la performance en question, une valeur pour votre apport mensuel sur votre PEA ainsi que votre capital de départ. Il vous suffit alors de dérouler les formules pré inscrites puis observer les graphiques reflétant l’évolution de votre patrimoine financier en fonction du temps.

Vous avez alors une idée de la puissance des intérêts cumulés et vous apprécierez la différence de plus en plus grande qui se créée entre votre effort d’épargne et votre capital. De là même façon vous pourrez avoir une meilleure idée du temps qu’il vous faudra pour constituer un portefeuille qui vous rapportera un certain montant de rentes mensuels.

Eclatez vous !

Etienne Monceau

À propos de l'auteur

Etienne

Co-fondateur de Sans Cravate et auteur de « Débuter en bourse », il a à coeur de transmettre sa passion pour l’économie, l’analyse des marchés financiers et la Bourse.

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