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Baisse des taux d’intérêts, faisons le point

Le climat économique actuel est très particulier. Vous en avez surement pris conscience, les taux d’intérêts qui symbolisent la rémunération ou le « loyer » de l’argent, sont extrêmement bas. 

D’ordinaire, l’évolution des taux d’intérêts est l’objet d’un cycle bien rodé qui permet de contrôler et maitriser l’inflation et la croissance d’un pays. Cycle expliqué en détails dans le livre ‘Débuter en Bourse’.

Aujourd’hui nous sommes en quelques sortes bloqués dans une partie de ce cycle qui consiste à faire chuter ces taux pour relancer la consommation et le développement. 

Faisons le point sur la situation actuelle.

Taux d'intérêts : Quelques précisions.

Lorsque vous allez lire ces lignes, si cela peut vous aider à la compréhension, imaginez dans votre tête une tour de trois étages. En haut placez-y les banques centrales, en dessous les banques commerciales puis en bas les ménages et les entreprises. Dans un immeuble adjacent, vous pourrez y mettre les compagnies d’assurances et les Etats.

Précisons aussi qu’un taux d’intérêt représente ce que l’on gagne à prêter de l’argent et ce que l’on doit payer pour en emprunter.

Précisions faites, attaquons le vif du sujet.

Le fonctionnement bancaire.

Le paragraphe suivant étant un peu barbare, j’ai réalisé un graphique pour appuyer la compréhension. Lisez attentivement et à votre rythme la suite pour connaître enfin les grandes lignes du fonctionnement bancaire.

baisse des taux d'intérêts

Tous ces éléments constituent notre système bancaire. Cette hiérarchisation permet de comprendre qui finance qui. Les banques centrales manipulent les taux d’intérêts directeurs, qui sont au centre du fonctionnement du système. Les coffres de la banque centrale sont alimentés par des institutions qui veulent placer leur argent bien au chaud et bénéficier de la rémunération des intérêts directeurs.

Les banques commerciales (comme le CIC, la BNP, Le Crédit Agricole…) se financent auprès des banques centrales, elles doivent souscrire et payer les charges financières représentées de nouveau par ces taux.

Ensuite, les banques commerciales se prêtent de l’argent entre elles sur le marché interbancaire. Ce marché a la particularité d’être très actif et d’être constitué d’emprunts sur le court terme.

Les taux interbancaires sont directement impactés par les taux directeurs, la légère différence entre ces intérêts et les intérêts directeurs est expliquée par le terme de l’emprunt. Une banque commerciale qui a besoin de liquidités rapidement se financera donc auprès d’une de ses soeurs plutôt qu’au niveau de la banque centrale.

Les banques commerciales, par le biais des crédits, financent les entreprises et les ménages. Encore une fois avec des taux différents mais très largement dépendants des taux directeurs.

D’ailleurs une banque commerciale se rémunère en faisant payer ses crédits plus chers que les emprunts qu’elle émet auprès de la banque centrale. Elles proposent aussi des produits bancaires qui permettent aux ménages de placer leurs économies pour bénéficier des intérêts.

Les assurances quant à elles, proposent aussi des produits d’épargne aux ménages et aux entreprises.

Les objectifs d'une baisse des taux.

C’est donc la banque centrale qui joue le rôle d’arbitre. En manipulant ces taux d’intérêts directeurs, elle impacte le sytème dans sa globalité. Pour faire simple, elle a la capacité d’injecter ou retirer des liquidités dans notre économie.

Dans notre cas, faire baisser les taux d’intérêts permet de stimuler la croissance. En effet, si les taux directeurs sont bas, les banques commerciales ont tout intérêt à emprunter de l’argent, et à le redistribuer aux ménages et entreprises.

Cette injection de liquidité est bonne dans une certaine mesure, le pouvoir d’achat des consommateurs augmente, leur capacité d’emprunt et la consommation avec. La compétitivité des entreprises devient elle aussi de plus en plus féroce à cause de cette forte consommation. L’inflation (augmentation des prix) prend tranquillement sa place. 

Les limites d'une baisse des taux d'intérêts.

Si ce schéma est respecté, l’économie avance sur un rythme de croisière. Mais il existe beaucoup de limites

C’est n’est pas un modèle infini, la consommation s’estompe petit à petit. Tout comme le nombre des crédits servis aux français.

En effet, même si ces derniers sont avantageux, les consommateurs ne pourront plus s’endetter plus qu’ils ne le sont déjà. D’ailleurs savez vous que les emprunts des ménages constituent 95% de leurs revenus disponibles ? 

Pour l’instant, de plus en plus de crédits sont accordés chaque année, environ 6% selon Les Echos. Tant que le nombre de crédits augmente, les banques commerciales peuvent contrebalancer le fait qu’elle se rémunèrent moins auprès des ménages (credits moins chers).

De plus, des risques de bulles peuvent avoir lieu. Les taux immobiliers étant par conséquent très faibles, les entreprises et ménages investissent. Les prix grimpent, mais jusqu’à quand les vendeurs trouveront-ils des acheteurs ?

Les grands gagnants de cette baisse des taux d'intérêts.

Dans sa globalité, la baisse des taux est positive pour les ménages. Ces derniers peuvent renégocier leurs taux auprès de leur banque pour baisser leurs mensualités. Les nouveaux crédits sont quand à eux extrêmement avantageux et peu chers. La baisse des taux améliore donc la consommation et augmente la capacité d’emprunt. Il ne faut pas non plus penser que l’emprunt est gratuit, les charges d’intérêts subsistent pour les ménages, même si ils sont proches des 1%.

En ce qui concerne les emprunts à taux variables, certaines banques sont même prêtes à payer leurs clients pour qu’ils empruntent chez eux, en espérant pourvoir bénéficier d’une hausse des taux dans les années à venir. 

Les grands gagnants de la baisse de ces taux sont les Etats. Ainsi, les Etats empruntent aussi à des taux qui peuvent même être négatifs ! Cela signifie que les Etats sont rémunérés pour emprunter. C’est le cas en Allemagne et en Suisse. Cela permet d’alléger significativement la dette de ces pays. 

Et ceux qui y perdent.

Par contre, les ménages qui mettent de l’argent de côté, qui épargnent, sont impactés négativement. En effet, les émissions de nouveaux produits bancaires comme les livrets A, les PEL ou encore les titres de créances tels que les obligations ne sont plus du tout attractifs. Le taux directeurs qui chutent amputent les taux de ces produits et titres. La rémunération de l’argent dans des produits sans risque est donc lamentable, sauf pour les contrats ouverts il y a plusieurs années.

Les banques commerciales ont tendance elles aussi à subir la baisse de ces taux. Elles vont faire moins de profits et cela va les fragiliser sur le long terme.

Les compagnies d’assurances quant à elles sont les grandes perdantes. Leurs produits d’épargne ne sont plus du tout attractifs. Pour ces dernières, la baisse des taux est un véritable poison.

Comment cela va t-il finir ?

On comprend très vite que sur le long terme cette situation conduit à l’échec. Il faut donc que la situation reste sous contrôle. Les Etats, avec les banques centrales, réfléchissent à une politique monétaire qui permettrait d’éviter la sortie de route.

Personne ne sait réellement ce qui se passera lorsque les taux vont de nouveau augmenter, c’est une équation à beaucoup de variables.

Il est alors interessant de comparer la différence de politique monétaire entre la banque fédérale des Etats-Unis et la BCE (Banque centrale Européenne).

Cette avancée vers l’inconnu, qui a connue des scénarios catastrophiques au Japon et dans le reste du monde serait-elle une opportunité de développement pour les cryptomonnaies et particulièrement la Libra ?

Affaire à suivre.

A bientôt dans de nouveaux articles Sans Cravate. Restez connectés et abonnez vous à notre Newsletter pour recevoir du contenu unique chaque semaine !

Etienne, de l’équipe Sans Cravate.

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