Blog.

Pourquoi acheter des actions de rendement ?

Alors que le CAC rebondit ce matin pour finalement repasser au dessus des 4000 points, il est peut-être temps de reconsidérer des opportunités d’achats pour un portefeuille bien solide sur le reste de l’année 2020. Côté français, certaines actions de rendement m’intéressent tout particulièrement, et pas que moi d’ailleurs. Les journaux financiers s’arrachent autour de ces valeurs et ils ont bien raison.

Nous expliquerons aujourd’hui l’intérêt d’investir dans ce type d’action, le risque associé puis nous terminerons avec un exemple. 

J’aimerai rappeler, avant de m’attaquer au vif du sujet, que cet article ne doit pas être interprété comme un « conseil ». Je ne suis pas un professionnel des marchés, et il s’agit simplement ici de mon opinion quant à des concepts financiers ainsi que des analyses. 

Deux sources de revenus

Il existe deux sources de revenus potentielles lorsque l’on détient un titre de propriété tel qu’une action. Il s’agit des plus values enregistrées après une vente à un prix plus haut que celui d’achat ainsi que les dividendes versées périodiquement aux actionnaires par l’entreprise. 

Rappelons que la valeur du dividende, proposée par le conseil d’administration et votée en assemblée générale, peut varier chaque année. Les sociétés qui decident de verser une partie de leur bénéfice à leurs actionnaires (car oui ce n’est pas obligatoire) font tout de même leur possible pour lisser ces derniers d’une année sur l’autre.

Les actions de rendement

Expliquons brièvement ce qu’est une valeur de rendement pour comprendre pourquoi ces dernières suscitent l’intérêt des investisseurs dans un contexte de crise.

Le rendement consiste à comparer le dividende versé par une société au prix de l’action de cette dernière. En achetant des valeurs dites « de rendement » l’on ne cherche pas la performance et la croissance mais plutôt le maintien d’un revenu annuel issu des bénéfices stables d’une entreprise déjà bien développée. Ces sociétés présentent donc des ratios risque/rémunération très interessants.

L’on comprend donc que le cours boursier de ces entreprises est moins volatile que celui des actions de croissance. De ce fait, les objectifs de valorisation sont moins ambitieux mais le dividende peut être une valeur « sure ». Alors que ces valeurs résistent d’ordinaire bien mieux aux passages difficiles que les valeurs plus volatiles, elles n’ont aujourd’hui pas réussi à échapper à la crise sanitaire qui s’est suivie d’une crise de liquidité.

On se retrouve donc avec des entreprises qui offrent des dividendes élevés et dont la valorisation en bourse a pris un sacré coup. Alors que les rendements sont généralement situés entre 2 et 5% on peut trouver dans le contexte actuel des actions qui presentent un rendement de 10% et cela grâce au prix de ces dernières. De plus, des objectifs de plus values sont aussi possibles.

Des titres pas sans risques

Souvent, ces actions de rendements constituent un « fond de portefeuille » solide. Elles intéressent moins les spéculateurs en recherche de sensations fortes. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y aucun risque à acheter des actions de rendement ! Dans des situations extrêmes, comme c’est le cas aujourd’hui, certaines sociétés comme Boieng pensent à suspendre le versement de dividendes ! De même, si une action de votre portefeuille se dévalorise, il est fortement possible que le dividende versé ne couvre pas la chute du cours.

Comment toucher un dividende ?

Précisons aussi que la périodicité des versements est propre à chaque entreprise. On retrouve très peu de sociétés qui versent des dividendes trimestriels en France, mais cela existe, ça sera le cas de notre exemple. Chez nous, on retrouvera d’ordinaire bien plus de dividendes annuels alors qu’aux US, certaines entreprises versent des dividendes tout les mois ! Evidemment, il faut comparer ces derniers à même échelle. 

Pour toucher un dividende il suffit d’avoir en sa possession une ou plusieurs actions de l’entreprise concernée. La valeur de ce dividende est rattachée à une action, il vous suffit alors de la multiplier par le nombre de titres en votre possession pour avoir une idée du revenu que vous allez percevoir au moment du versement. Attention cependant, il vous faut être propriétaire des actions la veille du détachement du dividende qui est une date ultérieure à celle du versement. Contrairement à ce que pensent certains, il n’est pas nécessaire d’avoir en sa possession des actions depuis plus d’un an. Par contre, lorsque le dividende est détaché, le cours de l’action est ajusté de la valeur de ce dernier ! Il s’agit en effet d’un prélèvement sur la trésorerie de l’entreprise. 

Enfin, comme tout revenu en France, le dividende est sujet à une fiscalité qui dépend du support sur lequel vous détenez vos actions. Pour le cas d’un PEA âgé de plus de 5 ans, il s’agit uniquement des prélèvements sociaux, de l’ordre de 17,2%.

Exemple, cas d'étude : Total

Admettons que l’action cote aujourd’hui à 23,95€. J’arrive grâce à un ordre au marché à me procurer 10 actions au prix unitaire de 24€. Mon ordre porte donc sur une somme totale de 240€. Admettons que mon PEA est hébergé chez Boursorama avec l’offre « découverte », je paie donc cet ordre 2€. Mon portefeuille est donc valorisé au jour ’n’ à 237,5€ (23,95 x 10 – 2) alors que je viens de payer 242€. Gardez ces valeurs en tête nous allons les réutiliser.

Le Rendement théorique

La société TOTAL verse 4 dividendes par année d’exercice. Les détachements ont lieu autour des dates suivantes : 25/09 – 18/12 – 19/03 – 11/06. Pour Mars 2020 la valeur de ce dernier semble être approximativement de 0,66 centimes. On ramène cette valeur à l’année puis on calcul le rendement theorique. (0,66 x 4 / 23,95 = 11%.)

Le Rendement réel

Voyons maintenant le rendement réel. Je possède 10 actions, début avril (date du versement) je vais donc recevoir 6,6 Euros, et cela à quatre reprises sur l’exercice (si on admet que la valeur du dividende reste la même). Malgré le cours affichant 23,95€ au jour ’n’ le carnet d’ordre m’a permis d’obtenir ces actions à une valeur de 24€ et j’ai pour cela payé des frais de transactions de 2€. Il faut aussi prendre en compte les prélèvements à la source sur ce revenu. Sur les 26,4€ de dividendes perçus il va me rester 21,85€. Calculons enfin le rendement réel : 21,85 / 242 = 9%.

Comprenez qu’il est aussi possible que le prix de l’action se valorise et que cette dernière vaille désormais 30€. Cependant pour réaliser une plus-value, il faudra vendre ! C’est exactement comme dans l’immobilier. D’ailleurs, il faudra de nouveau passer par la case « impôts » !

Retrouvez plus d’articles dans la section suivante en cliquant ici.

Merci de votre lecture.

Etienne Monceau

À propos de l'auteur

Etienne

Co-fondateur de Sans Cravate et auteur de « Débuter en bourse », il a à coeur de transmettre sa passion pour l’économie, l’analyse des marchés financiers et la Bourse.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles similaires