Blog.

Faut-il acheter pendant la crise ?

Cet article sera volontairement bref, et vous permettra de comprendre en quoi l’intervention de Christine Lagarde ce jeudi est extrêmement importante. Vous aurez ainsi une meilleure vision de la réaction des marchés face à son discours et vous serez apte à prendre la température pour la semaine qui arrive. Faut-il donc acheter pendant la crise ou plutôt attendre la suite des soldes ?

Une dette lourde et un ralentissement de l'activité

Nous sommes actuellement en période de crise de liquidité. Pas de panique, vous allez rapidement comprendre de quoi il s’agit. Désormais, l’objectif n’est plus d’alimenter les marchés, mais plutôt d’éviter des faillites d’entreprises en cascades. 

Suite à une année 2019 pendant laquelle les banques centrales ont fait plonger les taux directeurs vers le bas, la dette privée s’est sévèrement alourdie. Pour faire simple, les entreprises ont emprunté beaucoup d’argent pendant une période où cela ne coûtait pas grand chose. 

Le problème c’est que la crise sanitaire a révélé l’activité réelle de ces entreprises et les chiffres d’affaires ne sont pas au rendez vous ! Les échéances bancaires font de plus en plus mal. Ces échéances se traduisent par des retards de paiements qui peuvent être fatals pour les banques commerciales. C’est pourquoi les banques centrales doivent faire passer un message clair de soutien et de solidarité envers les politiques budgétaires des gouvernements pour assurer ces défauts de trésorerie. 

Le phénomène est amplifié en France car nos entreprises se financent en majeure partie auprès des banques tandis que les sociétés américaines utilisent le marché obligataire (financement par des acteurs en recherche de placements, comme vous et moi).

Une crise sanitaire qui fait polémique

Dans certains secteurs d’activité, les sociétés ont des charges qui ne leur permettent pas d’assumer une baisse de 30% de leur activité. Et malgré tout ce qui peut se lire sur internet, le virus à réellement provoqué un ralentissement de la consommation.

On parle du secteur du tourisme (vacances annulées) et donc celui de l’aéronautique (commandes annulées), mais aussi la vente de biens discrétionnaires (biens non essentiels à la vie quotidienne), et de tout ce qui touche à l’exploitation de matières premières (pétrole inclus).

Les failles du progrès

Cette crise révèle encore une fois les limites du levier de l’endettement et les failles possibles suite à un ralentissement non anticipé de l’activité.

À l’échelle de l’investisseur particulier, on peut aussi observer le même type de scénario : un bien immobilier financé à 110% par une banque et loué sur le court terme représente des mensualités importantes pour l’investisseur. Ce mode de financement peut lui permettre d’améliorer la rentabilité de ses capitaux mais ces mensualités peuvent aussi s’avérer extrêmement dangereuses si les locataires ne se présentent plus. Finalement si notre investisseur n’est pas solvable, le risque se reporte sur la banque. 

Le point clef de la force de cette crise s’explique par un contexte de mondialisation encore plus avancé qu’en 1987, 2000 ou 2008. Les entreprises se spécialisent de plus en plus dans certains domaines et abandonnent certains savoirs-faire pour finalement choisir de les faire sous-traiter. Les sociétés dépendent donc énormément les unes des autres. Des retards de paiements et défauts de trésorerie provoqueraient des réactions en chaine qui seraient dramatiques pour l’ensemble de l’économie. 

Des solutions bancales

La BCE doit soutenir les gouvernements et leur politique budgétaire pour faire en sorte qu’aucune entreprise ne fasse faillite.

Ce jeudi, Christine Lagarde doit donc donner un message clair aux banques commerciales : « vous inquiétez pas, on est là pour assurer vos arrières en cas de retards de paiements ».

Une autre solution viendrait à étaler les cotisations des entreprises dans le temps pour leur permettre de respirer. L’injection de liquidités par l’abondance de credit doit aussi rester d’actualité. 

Prenez le temps de suivre son discours, vous aurez une meilleure idée si oui ou non, il faut acheter pendant la crise. Le site Investing.com vous fournira le lien du direct.

Merci de votre lecture. 

Envie de lire d’autres articles ? Cliquez ici !

Envie de vous former sur l’univers de la Bourse ? Cliquez par là !

Etienne Monceau

À propos de l'auteur

Etienne

Co-fondateur de Sans Cravate et auteur de « Débuter en bourse », il a à coeur de transmettre sa passion pour l’économie, l’analyse des marchés financiers et la Bourse.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles similaires