introduction en bourse de la fdj

Introduction en Bourse de la FDJ

Voilà une semaine que nos lecteurs l’attendent ! Un article ou plutôt une expertise neutre sur l’introduction en bourse de la FDJ. C’est chose faite, et à notre habitude nous allons commencer par vous éclairer sur la notion d’introduction en Bourse et de privatisation.

Introduction en bourse de la FDJ.

La vie d’une entreprise cotée est rythmée par plusieurs étapes. L’introduction en Bourse (IPO en anglais pour Initial Public Offering) en fait partie. 

L’arrivée sur le marché d’une société est une affaire de précision. Y’a t’il des investisseurs intéressés ? Quelle est leur nature (petits porteurs, établissements financiers, entreprises..) ? Et combien sont-ils prêts à payer ?

Les sociétés qui désirent être cotées sont obligées de faire appel à des experts financiers pour apporter des réponses à ces questions. Ils feront aussi en sorte que l’arrivée dans l’arène se déroule pour le mieux. C’est d’autant plus le cas avec la FDJ. En effet, l’un des objectifs principaux de cette offre est de réconcilier le français avec l’actionnariat.

Nous avons d’ailleurs écrit un article sur les français et le goût du risque. Vous pouvez le retrouver en cliquant ici.

Les investisseurs doivent sentir qu’ils ne sont pas en train de payer trop cher. Il faut qu’ils ressentent qu’il y ait de fortes chances que dans les mois à venir, la société se valorise en bourse.

Ici nous avons affaire à une introduction particulière puisqu’il s’agit d’une privatisation. L’État, alors actionnaire majoritaire, décide de réduire sa participation au sein de la société de jeux. Il va donc vendre une grande partie de ses actions et sera, après introduction, propriétaire à seulement  20%, contre 72% actuellement. 

OPO - Offre à prix ouvert.

Il existe différentes méthodes d’introduction et ici on parle d’offre à prix ouvert (OPO). Dans un premier temps, l’intermédiaire en charge de l’opération place la majeure partie des titres de la société entre les mains d’investisseurs institutionnels. Puis, en parallèle, il ouvre l’offre au public des particuliers. 

Pour la privatisation de la FDJ, 1/3 des parts souscrites sont réservées aux porteurs privés. Quant aux établissements financiers, ils ont littéralement gobés ce qui leur était proposé en l’espace de quelques heures. 

En fait, à l’aide des institutions qui soumettent leurs demandes de titres, les experts en charge de l’introduction prennent la température. Ce sont ces investisseurs qui auront un rôle déterminant concernant la fourchette de prix qui sera ensuite proposée aux investisseurs particuliers. 

Une fois cette fourchette définie, les porteurs privés peuvent passer des ordres sur le marché et participer à l’introduction. Il faut alors choisir un prix qui semble raisonnable et cela n’est pas chose facile. Si vous en demandez pour trop peu, vous risquez de ne pas être servi. En revanche, si vous demandez pour trop cher, votre objectif sera déjà surement amputé. 

Il est possible depuis le 7 novembre 2019 d’émettre des ordres depuis votre intermédiaire (banque ou courtier) qui héberge votre compte titre ou PEA. La tranche a été définie entre 16,17€ et 19,50€ pour une action. 

En prenant en compte ces chiffres, la FDJ devrait avoir une valorisation boursière comprise entre 3,15 milliards et 3,8 milliards d’euros. La recette maximum que pourrait réaliser l’État sur cette vente serait de 1,7 milliards.

De plus si la demande de titres s’avère forte, l’État pourra faire une sur-allocation de 15% d’actions supplémentaire. De surcroit, ses possessions diminueront encore plus et l’État deviendra un actionnaire minoritaire. 

Intérêt des investisseurs institutionnels.

Il est vrai que les actions de la française des jeux ont rapidement trouvé des intéressés en matière d’investisseurs institutionnels. Une introduction est une réelle opportunité de réaliser des plus-values conséquentes. Cela présente tout de même un grand risque en cas de sur-valorisation. Le titre viendrait alors directement s’équilibrer dans une zone plus basse, et des mouvements de panique pourraient avoir lieu. Ces mouvements sont d’ailleurs amplifiés avec la précocité des petits porteurs sur les titres.

Il est intéressant de noter que l’État est réputé pour être un très mauvais vendeur. Il brade souvent ses possessions telles que les autoroutes cédées à Vinci il y a 15 ans. Aujourd’hui, l’objectif de l’État avec la privatisation de la FDJ est double. Il veut constituer un fond gouvernemental pour aider à financer des projets plus risqués. Il veut aussi réconcilier les français avec la bourse. Ces derniers ont en effet subit des crises répétées. D’ailleurs, l’indice du marché qui leur est le plus accessible n’a jamais retrouvé sa vigueur des 7000 points.

Un peu de bon sens.

Personnellement, je ne pense pas que cette privatisation ait pour but d’optimiser la gestion économique de la française des jeux ou de boucher les trous dans les caisses de l’État. Ce qui est normalement le cas lors d’une privatisation. 

Au contraire, les comptes de la FDJ se portent à merveille. Elle est en croissance continue et des records de mises sont atteints chaque année. Il n’y a qu’à regarder autour de vous, le marché du pari ne s’arrête pas de croître. Cependant, la concurrence est rude sur les paris en ligne et il s’agit désormais de 6% du chiffre d’affaire de la FDJ. Cette dernière est tout de même relativement bien représentée et fait preuve d’une créativité sans fin et d’une adaptation au travers des années. 

Ses techniques de communications basées sur l’émotion plaisent et l’éthique de la société de loterie est noble. Elle finance les gueules cassées à hauteur d’une dizaine de millions d’euros par an. En effet l’association perçoit des dividendes importants issus de ses 9% de participation au capital.

Pourquoi une action FDJ est-elle interessante ?

Tout d’abord, il faut savoir que 80% des bénéfices de la société sont reversés aux actionnaires. Il s’agit d’un taux de distribution extrêmement élevé qui fait rentrer l’action dans la catégorie des titres de rendement. 

Alors qu’une privatisation est censée ouvrir le marché à la concurrence, la FDJ conservera son monopole des jeux de loterie et de grattage pendant 25 ans. Largement de quoi laisser le temps à la nouvelle direction de s’installer. Cependant, cette continuité du monopole à un prix. La française des jeux devra débourser 390 Millions d’Euros début 2020 pour le conserver. Et cela inquiète grandement les investisseurs.

L’État fait un effort de commercialisation en proposant une décote du titre de 2%. Il est alors possible de bénéficier d’une réduction par rapport aux personnes qui se serviront après l’opération d’introduction. De plus, pour 10 actions achetées et conservées 18 mois, une est offerte. Cela fait tout de même faire un bond de plus de 15% pour le portefeuille si le titre se porte convenablement.

Ma vision concernant cette introduction est mitigée. Cependant un point reste clair dans ma tête. Si l’État échoue sur cette offre au public, l’actionnariat français prendra définitivement un coup de massue sur le crâne dont il sera difficile de se relever. Cela me laisse à penser qu’il s’agit d’une valeur extrêmement interessante. En plus du fait que la configuration financière de la société soit bonne.

Je serai cependant spectateur et non acteur de cette introduction mais vous recommande fortement d’y regarder de plus près. Et ce, avant le 19 novembre : date clôture de l’introduction. 

Pour conclure.

Pour conclure, je dirai que je suis ravi de voir un État qui prend les devants en termes de risque. Il préfère vendre ses valeurs de rendement pour constituer des fonds de développement. Avec la privatisation de la FDJ et des Aéroports de Paris, l’État dit adieux à ses rentes pour devenir un investisseur important dans les jeunes sociétés françaises qui sauront s’adapter à la concurrence de nos voisins et faire de la France un pays qui attire et qui emploie. 

Voilà ! C’est tout pour cet article. Si vous avez des questions supplémentaires, n’hésitez pas à les poser en commentaire. Pour ne rien rater, je vous invite aussi à nous suivre sur notre page Facebook.

À bientôt !

Etienne Monceau

À propos de l'auteur

Etienne

Co-fondateur de Sans Cravate et auteur de « Débuter en bourse », il a à coeur de transmettre sa passion pour l’économie, l’analyse des marchés financiers et la Bourse.

2 réflexions sur “Introduction en Bourse de la FDJ”

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